5.7.11
Jour 5.
9h. Je tourne en rond dans mon lit depuis une demi heure. Je me réveille nostalgique et un peu découragé. Vais-je vraiment y arriver ?
Un Burger King et un cinéma cet après-midi me remonteront peut-être le moral.
MAJ : Impossible de trouver le Burger King avec ma tête de linotte. En revanche, la séance de cinéma fut intéressante. Super 8 de J.J Abrams en VF. Enfin non, en québécois. Déroutant. Parfois ridicule. Je vous dirais ça après avoir passé tout un été au cinéma...
Un Burger King et un cinéma cet après-midi me remonteront peut-être le moral.
MAJ : Impossible de trouver le Burger King avec ma tête de linotte. En revanche, la séance de cinéma fut intéressante. Super 8 de J.J Abrams en VF. Enfin non, en québécois. Déroutant. Parfois ridicule. Je vous dirais ça après avoir passé tout un été au cinéma...
4.7.11
Jour 4.
Je vais vous parler d'une chose que l'on compare souvent entre la France et le Canada : l'administration. Et aujourd'hui, souhaitant aller me procurer un numéro d'assurance social auprès du Service Canada, j'ai pu constater avec bonheur ce que tout le monde dit. Oui : La France fait chier avec sa paperasse.
Voyez plutôt. On arrive l'air guilleret au Service Canada du centre ville. C'est un peu l'équivalent de la Secu en France mais en un peu plus chic. L'accueil nous reçoit et j'annonce "Bonjour, je viens récupérer un NAS (comprenez Numéro d'Assurance Sociale)". 2 minutes. C'est le temps que la dame a pris pour me donner un papier à remplir ainsi qu'un petit crayon, me dire d'aller m'assoir dans un coin et m'annoncer "à peu près une heure d'attente". Ok, une heure et S. n'a pris aucun magazine.
Sauf que 45 minutes plus tard, on m'appelle. 10 minutes. C'est le temps qu'il a fallut à l'agent du Service Canada pour recopier sur son ordinateur ce que j'avais remplis sur le papier (noms des parents, numéro de téléphone, adresse), me faire lire un papier explicatif et m'imprimer mon numéro de NAS. Voilà. Tout est dit. Ha oui, une carte me sera envoyée à l'adresse inscrite avec le numéro dessus mais en gros, à part si on me la demande, suffit juste de mémoriser le numéro.
Je récapitule :
- 2 minutes à l'accueil
- 45 minutes en salle d'attente
- 10 minutes d'entretien
TOTAL : 57 minutes.
Alors quand j'entends ma mère me dire que ça fait 2 semaines qu'elle attend un dossier de la Secu...
Après tout ça, un peu de shopping s'imposait.
P.S: Nous avons profité de notre virée en ville pour acheter nos billets de car pour New York. 5 jours au cœur de la Grande Pomme chez ma cousine Jean (qui vit accessoirement sur Park Avenue / Upper East Side). Le tout pour 124$/personne soit 88€/personne aller/retour. Elle est t'y pas belle la vie ?!
Voyez plutôt. On arrive l'air guilleret au Service Canada du centre ville. C'est un peu l'équivalent de la Secu en France mais en un peu plus chic. L'accueil nous reçoit et j'annonce "Bonjour, je viens récupérer un NAS (comprenez Numéro d'Assurance Sociale)". 2 minutes. C'est le temps que la dame a pris pour me donner un papier à remplir ainsi qu'un petit crayon, me dire d'aller m'assoir dans un coin et m'annoncer "à peu près une heure d'attente". Ok, une heure et S. n'a pris aucun magazine.
Sauf que 45 minutes plus tard, on m'appelle. 10 minutes. C'est le temps qu'il a fallut à l'agent du Service Canada pour recopier sur son ordinateur ce que j'avais remplis sur le papier (noms des parents, numéro de téléphone, adresse), me faire lire un papier explicatif et m'imprimer mon numéro de NAS. Voilà. Tout est dit. Ha oui, une carte me sera envoyée à l'adresse inscrite avec le numéro dessus mais en gros, à part si on me la demande, suffit juste de mémoriser le numéro.
Je récapitule :
- 2 minutes à l'accueil
- 45 minutes en salle d'attente
- 10 minutes d'entretien
TOTAL : 57 minutes.
Alors quand j'entends ma mère me dire que ça fait 2 semaines qu'elle attend un dossier de la Secu...
Après tout ça, un peu de shopping s'imposait.
P.S: Nous avons profité de notre virée en ville pour acheter nos billets de car pour New York. 5 jours au cœur de la Grande Pomme chez ma cousine Jean (qui vit accessoirement sur Park Avenue / Upper East Side). Le tout pour 124$/personne soit 88€/personne aller/retour. Elle est t'y pas belle la vie ?!
3.7.11
Jour 3.
Après deux nuits à dormir dans un van, on s'est dit qu'il fallait bien qu'on déménage. On arrive dans la colocation au 1255 rue Beaudry. On est parisien, on a la classe : on fait donc le trajet auberge - colocation en taxi ! A peine le temps de poser nos affaires et découvrir un peu les lieux qu'il faut partir pour laisser l'appartement au colocataire qui, accessoirement, vient aussi d’emménager. Il veut ranger, s'installer, faire sa tambouille, enfin bref, sa vie quoi.
On a 5 heures à tuer. Que faire ? C'est donc reparti pour découvrir la ville.
Chinatown : OK (petit mais dépaysant).
Le Vieux Port : OK (excentré mais relaxant).
19h. On décide de rentrer à l'appartement. Et là on entre dans le vif du sujet : faire ses courses à Montréal. Une énorme partie de rigolade. Devant tous les rayons, on ne fait qu'un constat flagrant : "C'était quand même plus facile quand c'était maman qui faisait les courses". Mais on perd pas espoir et on se lance. Pain. Jambon. "C'est combien parce qu'il faut prendre le moins cher!". Yaourt. Et premier obstacle : le lait. Quand en France on a du mal à choisir entre l'écrémé, le demi-écrémé et peut-être le matin digeste, au Canada, on a le choix entre 20 (et je suis gentil) sortes différentes de lait. Tous les pourcentages de matières grasses possibles et inimaginables, dans tous les formats, avec bouchon, avec bec verseur... On panique. Et encore, je vous parle pas du rayon Chips. Mais l'avantage de faire ses courses au Canada, c'est qu'il est possible d'en faire à toute heure de la journée. Les petits "arabes du coin" parisiens laissent place à ce qu'on appelle les Dépanneurs. Tenus en grande majorité par des chinois, ils sont ouverts tard le soir et vous proposent boissons, chips, confiseries et cigarettes, avec en prime, des bornes de retrait d'espèces. Des petits temples dédiés au gras et à la dépense. A côté de ça, vous avez des chaînes de supermarchés qui sont ouverts 24h/24 et 7j/7. Oui madame : faire ses courses à 3h du matin devient possible pour les insomniaques.
Dans tous les cas, on a toujours de bonnes surprises, de nouveaux produits, des "trucs" à tester et on se fait vite rattraper en caisse par la taxe qui se rajoute. Impossible à quantifier car différente en fonction de ce que vous achetez, elle ne s'applique pas sur les produits de première nécessité et non-modifiés càd la viande, les légumes, etc...
En parlant d'achats, je viens d'acheter mon premier cellulaire (comme ils disent ici). On m'avait prévenu : "Attention ! Au Canada, on te facture les appels émis (sortants) mais aussi les appels reçus (entrants)". Idiotie de la vie me direz-vous. Alors moi je dis "Non" à la facturation à tout va et j'opte pour un forfait tout illimité, y compris appels et sms à l'international pour 39$/mois. Avantage : aucun papier demandé, pas d'engagement, pas de débit sur compte. Il suffit d'y retourner tous les mois ou de les appeler pour payer. Merci Public Mobile. Inconvénient (et de taille) : on obtient pour 50$ en plus (prix le plus bas) un magnifique petit téléphone portable datant du début de l’ère cellulaire. Petit, en plastique, à clapet et sans appareil photo. Le temps de l'iPhone est révolu... Mais il est couleur. C'est cool ça, non ?
On a 5 heures à tuer. Que faire ? C'est donc reparti pour découvrir la ville.
Chinatown : OK (petit mais dépaysant).
Le Vieux Port : OK (excentré mais relaxant).
19h. On décide de rentrer à l'appartement. Et là on entre dans le vif du sujet : faire ses courses à Montréal. Une énorme partie de rigolade. Devant tous les rayons, on ne fait qu'un constat flagrant : "C'était quand même plus facile quand c'était maman qui faisait les courses". Mais on perd pas espoir et on se lance. Pain. Jambon. "C'est combien parce qu'il faut prendre le moins cher!". Yaourt. Et premier obstacle : le lait. Quand en France on a du mal à choisir entre l'écrémé, le demi-écrémé et peut-être le matin digeste, au Canada, on a le choix entre 20 (et je suis gentil) sortes différentes de lait. Tous les pourcentages de matières grasses possibles et inimaginables, dans tous les formats, avec bouchon, avec bec verseur... On panique. Et encore, je vous parle pas du rayon Chips. Mais l'avantage de faire ses courses au Canada, c'est qu'il est possible d'en faire à toute heure de la journée. Les petits "arabes du coin" parisiens laissent place à ce qu'on appelle les Dépanneurs. Tenus en grande majorité par des chinois, ils sont ouverts tard le soir et vous proposent boissons, chips, confiseries et cigarettes, avec en prime, des bornes de retrait d'espèces. Des petits temples dédiés au gras et à la dépense. A côté de ça, vous avez des chaînes de supermarchés qui sont ouverts 24h/24 et 7j/7. Oui madame : faire ses courses à 3h du matin devient possible pour les insomniaques.
Dans tous les cas, on a toujours de bonnes surprises, de nouveaux produits, des "trucs" à tester et on se fait vite rattraper en caisse par la taxe qui se rajoute. Impossible à quantifier car différente en fonction de ce que vous achetez, elle ne s'applique pas sur les produits de première nécessité et non-modifiés càd la viande, les légumes, etc...
En parlant d'achats, je viens d'acheter mon premier cellulaire (comme ils disent ici). On m'avait prévenu : "Attention ! Au Canada, on te facture les appels émis (sortants) mais aussi les appels reçus (entrants)". Idiotie de la vie me direz-vous. Alors moi je dis "Non" à la facturation à tout va et j'opte pour un forfait tout illimité, y compris appels et sms à l'international pour 39$/mois. Avantage : aucun papier demandé, pas d'engagement, pas de débit sur compte. Il suffit d'y retourner tous les mois ou de les appeler pour payer. Merci Public Mobile. Inconvénient (et de taille) : on obtient pour 50$ en plus (prix le plus bas) un magnifique petit téléphone portable datant du début de l’ère cellulaire. Petit, en plastique, à clapet et sans appareil photo. Le temps de l'iPhone est révolu... Mais il est couleur. C'est cool ça, non ?
1.7.11
Jour 1
Réveil à 10h. Enfin non, 7h parce que biologiquement parlant, il est 13h et qu'on a jamais dormi plus tard de notre courte vie. Mais après une nuit comme la nôtre, on se force un peu à dormir plus longtemps. Histoire de ne pas être crevé toute la journée.
Donc je disais. Réveil, petit-déjeuner qu'on appelle ici déjeuner et on commence tranquillement à regarder les annonces d'appartement. Et on se met à angoisser. Des annonces, quelques photos, encore des vieux de 60 ans qui cherchent des colocataires et soudain, une annonce à 3 rues de l'auberge. On appelle et on prend rendez-vous pour dans... 30 minutes. Autant vous dire qu'heureusement que S. avait déjà pris sa douche. On se dépêche, on y va, on voit, on a de très gros doutes et retour case départ.
Plan B. On accepte une colocation d'un mois chez un ami d'un ami d'un ami qui n'est pas vraiment un ami mais un contact sur Twitter (que je salue au passage. Je les salue tous en fait). On se sent soulagé mais un peu blasé de se dire que si on "abandonne" aussi vite, on va jamais réussir à trouver un logement pour plus longtemps. Mais on se justifie facilement avec le décalage horaire.
Il est temps d'aller faire notre premier tour en ville alors. Métro et l'achat de notre premier ticket, valable 3 jours consécutif pour 16$CA. Station Berri-UQAM et la Rue Ste Catherine (grande rue commerçante qui traverse tout le centre ville d'est en ouest). 3 heures de marche et on découvre que Montréal est en fin de compte une ville où il fait bon vivre. Bon ok, il fait lourd et humide mais qu'est ce que 26° humide quand on est face à un autre monde ? On s’émerveille devant un petit bout du Village, les boutiques, les restaurants, les parcs, les restaurants, "Oh y'a un H&M et un Zara", les restaurants (oui, on a quand même l'impression que les canadiens ne font QUE manger), le début du Festival International de Jazz de Montréal et toute la population entassée près des scènes... Enfin bref, tout fourmille et encore, on est le 1er Juillet, fête nationale au Canada donc pratiquement l'ensemble des commerces sont fermés.
On rentre sur les rotules mais heureux de cette première journée. Ce n'est que le début de nos aventures. En revanche, 24 heures après notre arrivée, on ne réalise pas encore qu'on est à l'autre bout de la planète. L'américanisme impressionne, la francophonie perturbe... Un an pour s'y faire, ce doit être jouable.
Donc je disais. Réveil, petit-déjeuner qu'on appelle ici déjeuner et on commence tranquillement à regarder les annonces d'appartement. Et on se met à angoisser. Des annonces, quelques photos, encore des vieux de 60 ans qui cherchent des colocataires et soudain, une annonce à 3 rues de l'auberge. On appelle et on prend rendez-vous pour dans... 30 minutes. Autant vous dire qu'heureusement que S. avait déjà pris sa douche. On se dépêche, on y va, on voit, on a de très gros doutes et retour case départ.
Plan B. On accepte une colocation d'un mois chez un ami d'un ami d'un ami qui n'est pas vraiment un ami mais un contact sur Twitter (que je salue au passage. Je les salue tous en fait). On se sent soulagé mais un peu blasé de se dire que si on "abandonne" aussi vite, on va jamais réussir à trouver un logement pour plus longtemps. Mais on se justifie facilement avec le décalage horaire.
Il est temps d'aller faire notre premier tour en ville alors. Métro et l'achat de notre premier ticket, valable 3 jours consécutif pour 16$CA. Station Berri-UQAM et la Rue Ste Catherine (grande rue commerçante qui traverse tout le centre ville d'est en ouest). 3 heures de marche et on découvre que Montréal est en fin de compte une ville où il fait bon vivre. Bon ok, il fait lourd et humide mais qu'est ce que 26° humide quand on est face à un autre monde ? On s’émerveille devant un petit bout du Village, les boutiques, les restaurants, les parcs, les restaurants, "Oh y'a un H&M et un Zara", les restaurants (oui, on a quand même l'impression que les canadiens ne font QUE manger), le début du Festival International de Jazz de Montréal et toute la population entassée près des scènes... Enfin bref, tout fourmille et encore, on est le 1er Juillet, fête nationale au Canada donc pratiquement l'ensemble des commerces sont fermés.
On rentre sur les rotules mais heureux de cette première journée. Ce n'est que le début de nos aventures. En revanche, 24 heures après notre arrivée, on ne réalise pas encore qu'on est à l'autre bout de la planète. L'américanisme impressionne, la francophonie perturbe... Un an pour s'y faire, ce doit être jouable.
Le départ
Se réveiller à 9h : 15 minutes de retard
Étrangement le réveil fut facile. Pas stressé, pas speed. Facile. On se dit que c'est une longue journée qui nous attend (et on a pas tort) alors on prend un bon petit-déjeuner en compagnie de sa mère qu'on sent quand même un peu fébrile. On se laisse 2 heures qui finir les derniers préparatifs et on répond comme on peut aux sms de bon voyage. "C'est génial, tu vas voir...", vous vous souvenez ?
Arrivée de mon amie A. qui m'emmène chez S. avec qui je pars à 11h30 : OK
Je remercie encore A. de m'avoir amené jusqu'à chez S. dans le 20ème arrondissement de Paris. En temps normal, le trajet Cergy - Roissy/Charles De Gaulle est plutôt simple. Même département, c'est tout droit et on en a pour une grosse demi heure. Mais comme on aime bien se mettre des petites épreuves, on se rend compte la veille qu'on ne part pas de Roissy mais d'Orly.
Arriver chez S. à 12H30 : OK (non sans mal parce qu'on oublie quand même que le périphérique parisien reste le périphérique parisien, à toute heure).
Paris. No comment.
Arriver à l'aéroport d'Orly à 13h30 avec la mère de S. et S. : OK
J'avais déjà rencontré la mère de S. auparavant. Elle me fait beaucoup penser à la mienne. Gentille, marrante et un peu délurée. En revanche, la mère de S. a une fâcheuse manie de rouler à 70km/h sur l'autoroute. Alors on se fait quelques frayeurs ; on sourit au poids lourd derrière qui klaxonne comme un fou ; on se demande si on va arriver un jour. Le trajet Porte Des Lilas - Orly paraît long. Mais on en rigole.
S'enregistrer, passer la douane et la sécurité à 14h30 : 45 minutes d'avance.
Cette étape comporte toujours 2 phase de stress. La première à l'enregistrement. On pose sa valise et on regarde le poids augmenter. "S'il vous plait mon dieu, faites que ma valise ne dépasse pas les 23 kgs parce que j'ai pas du tout envie de payer le surplus". 21,5kg : on est soulagé.
La deuxième se passe à la sécurité. On s'y rend et on constate que la France entière a eu envie de partir en vacances le 30 mai. Il y a foule aujourd'hui. Et quand je dis foule, je dis : familles de 50, poussettes, enfants qui crient et tout ce qui va avec. Alors quand on arrive devant le tapis roulant, on se crispe. Il faut poser le bagage cabine, enlever sa ceinture, enlever sa veste, on fait péter le téléphone, l'ordinateur, la console de jeu et S. se déchausse. 3 secondes sous le portique et il faut tout remballer, en essayant de ne pas ralentir le mouvement et laisser la place aux suivants parce que vous, vous avez une conscience morale alors que la famille de 50 devant prend tout son temps. Tout est remballé, un petit "t'as rien oublié?" et c'est bon, on est libéré.
Embarquer à 15h30 pour un décollage à 16h : 2h de retard.
Vous savez ce que c'est de passer 7H30 dans un avion avec 1m2 d'espace viable autour de vous ? Rajoutez à cela 1h d'attente dans un hall d'embarquement pour cause de "vérification technique" (ça donne déjà le ton) et 1h d'embarquement, de déplacement, etc… L'énervement du début commence à disparaître au bout d'un heure de vol quand on vous apporte le plateau repas pour se transformer en agacement constant au bout de 4h de vol : "On a fait que la moitié!". Impossible de dormir, on remercie gracieusement les quelques familles de 50 qui ont décidé d'aller aussi au Canada pour les vacances.
Arriver à Montréal à 17H45 : 2h de retard (cela parait logique).
Quand on fait un aussi long voyage pour la première fois, on s'extasie d'un rien. L'aéroport est grand, les hommes de la sécurité sont effrayants, les gens parlent un dialecte qu'on a encore du mal à assimiler. Et puis, on redescend vite de notre petit nuage quand on passe à l'immigration. Car oui, en tant que PVTiste, il me faut aller dire aux autorités que je viens provisoirement envahir leur territoire. Une grande salle, une liste d'attente : le genre d'endroit où faire un pet de travers serait mal vu voire répréhensible. On vous appelle et là, ô joie, on tombe sur une demoiselle très charmante à l'accent chatoyant qui vous demande pourquoi vous êtes ici. En 20 minutes, la demoiselle vous tamponne votre passeport, vous explique quoi faire, vous offre votre joli permis de travail canadien et fait le tout de façon très pro alors que vous êtes son premier PVTiste ("Bah oui normalement ça se fait à l'étage mais comme leurs impressions sont cassées…").
Un taxi. 45$ CA. On arrive Chez Jean, une auberge sur 3 niveaux, conviviale, sympathique : le charme québécois. Un jeune homme nous montre notre "chambre". On s'installe et après une courte visite du quartier, on décide d'aller enfin dormir. Il est 23h30 heure locale soit 5h30 heure française. Une longue journée.
Étrangement le réveil fut facile. Pas stressé, pas speed. Facile. On se dit que c'est une longue journée qui nous attend (et on a pas tort) alors on prend un bon petit-déjeuner en compagnie de sa mère qu'on sent quand même un peu fébrile. On se laisse 2 heures qui finir les derniers préparatifs et on répond comme on peut aux sms de bon voyage. "C'est génial, tu vas voir...", vous vous souvenez ?
Arrivée de mon amie A. qui m'emmène chez S. avec qui je pars à 11h30 : OK
Je remercie encore A. de m'avoir amené jusqu'à chez S. dans le 20ème arrondissement de Paris. En temps normal, le trajet Cergy - Roissy/Charles De Gaulle est plutôt simple. Même département, c'est tout droit et on en a pour une grosse demi heure. Mais comme on aime bien se mettre des petites épreuves, on se rend compte la veille qu'on ne part pas de Roissy mais d'Orly.
Arriver chez S. à 12H30 : OK (non sans mal parce qu'on oublie quand même que le périphérique parisien reste le périphérique parisien, à toute heure).
Paris. No comment.
Arriver à l'aéroport d'Orly à 13h30 avec la mère de S. et S. : OK
J'avais déjà rencontré la mère de S. auparavant. Elle me fait beaucoup penser à la mienne. Gentille, marrante et un peu délurée. En revanche, la mère de S. a une fâcheuse manie de rouler à 70km/h sur l'autoroute. Alors on se fait quelques frayeurs ; on sourit au poids lourd derrière qui klaxonne comme un fou ; on se demande si on va arriver un jour. Le trajet Porte Des Lilas - Orly paraît long. Mais on en rigole.
S'enregistrer, passer la douane et la sécurité à 14h30 : 45 minutes d'avance.
Cette étape comporte toujours 2 phase de stress. La première à l'enregistrement. On pose sa valise et on regarde le poids augmenter. "S'il vous plait mon dieu, faites que ma valise ne dépasse pas les 23 kgs parce que j'ai pas du tout envie de payer le surplus". 21,5kg : on est soulagé.
La deuxième se passe à la sécurité. On s'y rend et on constate que la France entière a eu envie de partir en vacances le 30 mai. Il y a foule aujourd'hui. Et quand je dis foule, je dis : familles de 50, poussettes, enfants qui crient et tout ce qui va avec. Alors quand on arrive devant le tapis roulant, on se crispe. Il faut poser le bagage cabine, enlever sa ceinture, enlever sa veste, on fait péter le téléphone, l'ordinateur, la console de jeu et S. se déchausse. 3 secondes sous le portique et il faut tout remballer, en essayant de ne pas ralentir le mouvement et laisser la place aux suivants parce que vous, vous avez une conscience morale alors que la famille de 50 devant prend tout son temps. Tout est remballé, un petit "t'as rien oublié?" et c'est bon, on est libéré.
Embarquer à 15h30 pour un décollage à 16h : 2h de retard.
Vous savez ce que c'est de passer 7H30 dans un avion avec 1m2 d'espace viable autour de vous ? Rajoutez à cela 1h d'attente dans un hall d'embarquement pour cause de "vérification technique" (ça donne déjà le ton) et 1h d'embarquement, de déplacement, etc… L'énervement du début commence à disparaître au bout d'un heure de vol quand on vous apporte le plateau repas pour se transformer en agacement constant au bout de 4h de vol : "On a fait que la moitié!". Impossible de dormir, on remercie gracieusement les quelques familles de 50 qui ont décidé d'aller aussi au Canada pour les vacances.
Arriver à Montréal à 17H45 : 2h de retard (cela parait logique).
Quand on fait un aussi long voyage pour la première fois, on s'extasie d'un rien. L'aéroport est grand, les hommes de la sécurité sont effrayants, les gens parlent un dialecte qu'on a encore du mal à assimiler. Et puis, on redescend vite de notre petit nuage quand on passe à l'immigration. Car oui, en tant que PVTiste, il me faut aller dire aux autorités que je viens provisoirement envahir leur territoire. Une grande salle, une liste d'attente : le genre d'endroit où faire un pet de travers serait mal vu voire répréhensible. On vous appelle et là, ô joie, on tombe sur une demoiselle très charmante à l'accent chatoyant qui vous demande pourquoi vous êtes ici. En 20 minutes, la demoiselle vous tamponne votre passeport, vous explique quoi faire, vous offre votre joli permis de travail canadien et fait le tout de façon très pro alors que vous êtes son premier PVTiste ("Bah oui normalement ça se fait à l'étage mais comme leurs impressions sont cassées…").
Un taxi. 45$ CA. On arrive Chez Jean, une auberge sur 3 niveaux, conviviale, sympathique : le charme québécois. Un jeune homme nous montre notre "chambre". On s'installe et après une courte visite du quartier, on décide d'aller enfin dormir. Il est 23h30 heure locale soit 5h30 heure française. Une longue journée.
29.6.11
Introduction
"Je connais quelqu'un qui y est allé et il/elle a adoré ! C'est génial, tu vas voir..."
Qui ne m'a pas dit cette phrase ? Une phrase pleine d'espoir et en même temps, une phrase totalement dégueulasse. 15 mots qui arrivent à créer le doute et le stress en quelques secondes. Je ne l'ai jamais dis mais j'ai détesté toutes les personnes qui m'ont dit cette foutue phrase.
Demain c'est le grand départ : je pars vivre un an au Canada. Vous vous rendez compte ? Pour certains, c'est un rêve, un fantasme. Pouvoir tout plaquer et aller tenter l'aventure de l'autre côté de l'Atlantique. Pour d'autres, c'est l'inconnu. C'est penser à l'angoisse de refaire sa vie, de réapprendre à vivre, se refaire des habitudes. En fait, partir vivre un an au Canada, c'est un peu les deux à la fois. C'est se dire que la vie va être formidable, qu'on va grandir, rencontrer de nouvelles personnes alors qu'on abandonne derrière soi amis, amour et famille.
"Je connais quelqu'un qui y est allé et il/elle a adoré ! C'est génial, tu vas voir..."
Si on oublie l'aspect administratif et bagagerie, préparer un voyage d'un an c'est surtout se préparer à dire au revoir. Il y a les personnes qu'on ne voit pas souvent, à qui on a pas trop de mal à dire au revoir même si on se dit que c'est dommage de ne pas avoir pris plus de nouvelles. Il y a la famille, qui est là pour te rappeler que ce départ est une bonne chose. C'est simple : la famille est et sera toujours présente pour toi donc le au revoir est pincé au cœur mais optimiste. Puis il y a les personnes avec qui on partage tout : les amis. Dans ce cas là, le au revoir devient plus déchirant car on a conscience de ce qu'on va rater : les rires, les coups de téléphones, les sorties, les conneries, les grands événements. Le temps affaiblit et modifie les amitiés. C'est une vérité et autant ne pas se le cacher. Dire au revoir à des amis, c'est comme s'arracher un bout de chair. C'est pleurer en se demandant plein de pourquoi. Enfin, pour certaines personnes dont je fais partie, il y a le au revoir à la personne qu'on aime. Cette personne avec qui on vient de passer 1 an, qui vous a épaulé, qui vous a dit être fière de vous tout en pleurant votre départ. Cette personne qui vous a dit "je t'aime" et à qui vous avez dit "je t'aime" pour la première fois de votre vie. Le au revoir à la personne qu'on aime est ineffable. Personnel. On choisit la date de séparation. On vit les quelques jours avant le départ comme fautif de ce qui se passe. La personne s'éloigne, la relation plonge dans le non-dit pour ne pas remuer le couteau dans la plaie mais les sentiments restent. On ne pleure plus, on se dessèche. Le plus ironique dans tout ça, c'est que les au revoir sont inévitables. Faut juste s'y préparer.
"Je connais quelqu'un qui y est allé et il/elle a adoré ! C'est génial, tu vas voir..."
Malgré tout, je suis content de partir. Un nouveau monde s'ouvre à moi et il y a un an et demi, quand j'ai pris la décision de faire le grand saut, il s'agissait d'un besoin à satisfaire. Besoin de voir, de découvrir ce monde que je ne connais pas. Direction Montréal. Le grand froid. Les caribous. Une société occidentale comme la nôtre mais totalement différente de la nôtre. Au moins il parle français, c'est un bon point. Plein de projets en tête et d'étoiles dans les yeux. Ce voyage, j'en ai rêvé, j'ai travaillé pour, c'est aujourd'hui un but que je touche enfin du bout des doigts.
Demain c'est le grand départ : je pars vivre un an au Canada. Et grâce à ce blog, je pourrais vous raconter tout ce qui m'arrive. Je vous le montrerais ce monde inconnu. Et puis, vous, bien au chaud en France, vous pourrez finalement dire à vos amis qui y partent :
"Je connais quelqu'un qui y est allé et il a adoré ! C'est génial, tu vas voir..."
Inscription à :
Commentaires (Atom)





