7.3.12

Jour 250.

Vite obtenu, aussi vite perdu.

Lundi 05/03 : 
10:07


Arrivée au travail. 7 minutes de retard.

"Vous ne pouvez pas faire ça. Venir en retard comme ça. Il y en a un de vous deux qui sera coupé à 13:00."

13:30


"Je peux vous voir tous les deux?"
"Oui"
"Je vais vous renvoyer chez vous pour la journée. Je ne peux pas m'occuper de vous aujourd'hui, Brian (le commercial) non plus et moi je ne fais que courir. Il va falloir que vous appreniez à être autonome. Donc déloguez vous et je vous appelle vers 18:00. Redonnez-moi vos numéros de téléphone."


18:00


Pas d'appel.
Ma collègue E. décide de contacter une personne qu'elle connait un peu dans la société pour obtenir le numéro du boss. Je ne veux pas être là quand elle le fera.

21:40


Premier appel d'E.
La personne contactée va s'adresser directement au boss, voir ce qu'il en est.

21:50


Deuxième appel d'E.
"Il m'a dit que je pouvais revenir demain mais que je ne ferais plus de web. Et il m'a dit de te dire de... ne pas venir demain. Je suis désolé. Apparemment il n'avait pas ton numéro."

22:06


Mail reçu.

"Jonathan,

Nous allons arrêter notre collaboration, car nous recherchons plus un web designer.
Je te souhaite bonne chance dans tes recherches.
Ton salaire sera disponible ce jeudi a 5 pm.

Bien a toi,
Eric" 

22:14

Ma réponse.

"Éric,

J'ai deja eu l'information. Par E.
Je passerai jeudi pour prendre mon chèque et te rendre ta clef.

Jonathan"

Jour 241.

Samedi soir. Nuit Blanche. On est dehors pour une bonne partie de la nuit, donc.

Une balade de manchots très médiatisée qui durera à tout casser 30 secondes.
Une partie de Super Mario avec une manette géante, Y. aux déplacements et moi aux sauts.
Une virée au Musée d'Art Contemporain pour 3 artistes dont Ghada Amer, très bonne surprise.
Une session Hip-Hop lors de battle de danse quitte à se croire dans un film.
Un arrêt en pleine rue pour taper sur des tambours histoire de réveiller les artistes qui sommeillent en nous.
Un plongeon dans la culture japonaise avec des mangas, des sushis qui ne viendront jamais et des centaines de jeunes déguisés.

Une soirée des plus éclectiques et interessantes. Parce que même la nuit, Montréal fascine.

2.3.12

Panne momentanée d'internet...

Un changement de logement induit forcément quelques changements d'habitudes. Une nouvelle chambre. Une nouvelle douche. Une nouvelle façon de vivre. Et apprendre à vivre sans internet. L'avantage de payer un loyer pas cher tout inclus... sauf internet.

Malgré tout, je suis encore vivant. Ne vous inquiétez pas.

Suite au prochain épisode.

21.2.12

Jour 237.

Samedi 18/02, message Facebook de Tim :

"Ca vient de paraître sur Kijiji ^^".

Offre d'emploi : 

Qui sommes nous ?
- Entreprise de personnalisation spécialisée dans les t-shirts, stickers muraux, cartes d’affaires 
- Située à Montréal dans le quartier du MileEnd
- Chiffre d’affaires de 3 millions CAD
- Ventes dans le monde entier (Canada, Australie, Europe, Etats-Unis)
- Une entreprise jeune et dynamique qui vous offre des perspectives d’avenir

Nous Recherchons un(e) graphiste pour notre site web

www.wordans.com.

Moitie de votre temps sera consacre a aider notre equipe de artwork et l'autre moitie sera de realiser des bannieres web et des designs de t shirts qui seront vendus sur wordans.com.

Envoyez nous votre CV et Portfolio



Envoi de ma candidature dimanche 19/02.


Lundi 20/02,10:00, coup de téléphone :
"Hello, i'd like to speak with Jonathan..."


Rendez-vous pris pour 14:30 le même jour.
14:30 : arrivée au rendez-vous.
14h44 : fin du rendez vous.
15 minutes d'entretien en anglais. 
"I call you tomorrow afternoon to give you my answer..."


Mardi 21/02,9:45, coup de téléphone :
"Bonjour, je m'appelle Arthur. J'aimerais parler à Jonathan..."


Rendez-vous pris pour 14:30 le même jour. Encore. Mais cette fois-ci avec le président.

14:30 : arrivée au rendez-vous.
14h35 : fin du rendez vous.


"Je veux bien t'embaucher. Tu commences demain à 9h. Si tu travailles sur Mac, ramènes ton ordinateur. C'est 11$ de l'heure, le premier mois. Je t'envoie un mail de confirmation. Merci, à demain Jonathan."


Message mail :



Bonjour Jonathan,
Je vous confirme vous embauche pour demain matin : 
40 heures par semaine a 11$ de l'heure.
1 semaine de vacance par an.

Bien a vous,
Eric


Stress au point maximum. C'est aussi ça, Montréal.

19.2.12

Jour 233.

Depuis le temps, vous avez compris que Montréal était la ville des choses improbables. Les soirées improbables. Les événements improbables. Les rencontres improbables. Les sorties improbables.

Ce soir là, rendez-vous chez Blandine à 18h30. Arrivée 18h40. A peine arrivé qu'on repart de suite. "Le bus est dans 8 minutes à Papineau. Où sont Paul et Flora ?" C'est la course mais on arrive à prendre le bus de justesse. Et 20 minutes plus tard, nous voilà arrivés à destination. Le Taz. Lieu d'entraînement pour sport de guerrier tels que le BMX, le roller ou autre. Ce soir, Montréal affronte Boston. Un match au sommet. Un match de Roller Derby.

Le Roller Derby c'est un peu comme le sport dont tout le monde a déjà entendu parlé, que tout le monde aimerait voir en vrai dont personne ne connait réellement les règles. Y compris moi. Deux sessions de 30 minutes à voir des femmes équipées de la tête aux pieds et perchées sur des rollers à tourner en rond. Vous expliquer les règles prendraient vraiment trop de temps, sachant que moi-même, je ne les ai pas toutes assimilées. "Mais il veut dire quoi l'arbitre en bougeant les bras comme ça?". Au bout de 30 minutes, j'ai deviné la réponse. J'étais plutôt fier de moi. Et plus le match avançait, plus les joueuses étaient fatiguées. Cela se ressentait. Dans leur vitesse. Dans leurs chutes. Et tout le monde aime les chutes.

Au final, l'équipe de Montréal a gagné. La foule en délire n'a pas cessé de crier à chaque point marqué. Foule composée à 85% de filles. Le Roller Derby c'est un sport de filles, supportées par des filles. Toute cette progestérone. Et comme une chose ne vient jamais seule ici, la soirée s'est poursuivie au Royal Phoenix, bar sponsor du match. Car la copropriétaire fait partie de l'équipe de Montréal aka Val Desjardins. Notre héroine à tous. Et Montréal offre la possibilité de sortir sans payer. Si on s'organise un minimum. La vie, la vraie, en somme.

Et je vous laisse avec ce petit extrait du match. Histoire de constater le chaos totalement maitrisé de ce sport. On y retourne le mois prochain!

14.2.12

Jour 229.

Aujourd'hui, signature de mon tout premier bail. Je change de colocation à partir du mois prochain. Bon ok, je ne suis pas encore devenu un homme pour autant mais ca fait quand même quelque chose. Signer un bail. Ca fait quand même partie des étapes d'une vie... Enfin je crois. Même si c'est pour 4 mois. Un bail reste un bail.

Et puis c'est l'occasion de faire un bilan. De refaire un bilan, plutôt. Encore un. Comme si je n'en faisais pas déjà assez...

C'est toujours un peu désagréable de le faire pourtant. Devoir se manger dans la face ce qui se passe dans votre vie. Devoir se rendre compte que son temps est compté. Car ma vie n'est certes pas en danger (normalement) mais mon retour en France est de plus en plus d'actualité. Mon visa expire dans 4 mois et pour le moment je n'ai toujours pas trouvé d'emploi. Pas que je m'en soucie plus que ça. J'apprends doucement à vivre avec ce qui vient à moi. A apprécier. Je rassure tout de suite mes parents : "Oui, je vais me trouver un emploi". Et je rajoute "Ne vous inquiétez pas pour moi, je ne vais pas me laisser à l'abandon non plus...". De toute façon il va falloir que je trouve un job si je veux payer mon loyer. Mais comme dans une relation amoureuse qui s'approche doucement de la fin (et je parle en connaissance de cause), on apprend à profiter de chaque moment. Parce que finalement je ne sais pas encore où je serai dans 4 mois. Ici. En France. Ailleurs. Je n'en ai aucune idée. Alors plutôt que de faire des plans dans tous les sens comme j'ai pu en faire au début de mon aventure, je préfère savourer. On verra en temps voulu. Profiter c'est aussi laisser une place à la surprise. Je ne veux pas gâcher ce visa qui m'a été offert. Jusqu'au bout.

De toute façon, cela fait deja un bon bout de temps que je sais que je m'accomplirai professionnellement sur le tard. Il y a les winners qui, sortis de leur études, trouvent un job ou montent leur boîte. Tout leur sourit et tant mieux pour eux. Et puis il y a les personnes qui galèrent pendant un certain temps et qui, passé la trentaine, se révèlent. Après avoir atteint une certaine maturité. L'âge d'or. Et je pense en faire partie. Et puis c'est pas plus mal. J'accepte cette espèce de condition humaine, ce "karma" en me disant que les choses sont ainsi faites pour une bonne raison. La mienne étant, je pense, que j'ai encore beaucoup de chose à découvrir. Je m'imagine comme une énorme éponge. J'emmagasine tout ce que je vois, ce que je vis et je sais qu'un jour, tout cela me servira. Je le sais.

Alors comme je ne sais pas ce que la vie me réserve, des fois, je m'imagine devoir quitter mes amis ici pour retrouver mes miens en France. Ne plus voir le visage de tous ces gens qui auront fait de cette année un souvenir inoubliable. Mais alors autant j'aurais pu être triste il y a de ça quelque temps, autant aujourd'hui, je me sens plus serein. Relativiser permet de mieux apprécier. Si je dois rentrer en France, qu'il en soit ainsi. Mais je pourrais au moins dire que j'ai passé une fucking de putain d'année (langage de jeune, pardonnez moi). Car je ne regrette en rien ce qui s'est passé. Les gens que j'ai rencontrés et qui sont devenus de réels amis. Les mecs, insignifiants ou non, qui ont croisé mon chemin. Les soirées, les folies. Tout ça aura contribué à ce que je suis devenu aujourd'hui. J'aurais jamais pensé pouvoir faire tout ça. Et tout est passé tellement vite! J'ai parfois du mal à m'en rendre compte moi-même tellement je sens une différence entre celui que je suis et celui que j'étais.  Et puis quand même, j'ai signé mon premier bail, c'est pas rien!

Et puis imaginer devoir mes amis ici, c'est aussi et surtout imaginer retrouver ceux que j'ai laissés. Ces personnes qui m'ont vu partir. Je ne sais pas pas vraiment à quoi vont ressembler les retrouvailles (heureuses, j'espère) mais une chose est sûre : il va être difficile de reprendre la vie comme je l'avais laissée. Parce qu'en fait, j'en ai pas vraiment envie. Il n'y a là aucun intérêt. Alors bien sûr, on va reprendre quelques habitudes, les blagues et les souvenirs seront toujours là mais aujourd'hui, comme je vous disais, j'ai changé. J'ai mûri. Plus vraiment le même en étant toujours un peu le même. Je vois les relations d'un autre oeil désormais. A apprendre à se gérer seul, on apprend surtout à se détacher un peu plus des autres. Avant, j'étais du genre à vouloir du "tout-tout de suite". Dès que je rencontrais quelqu'un avec qui le feeling passait bien, ça ressemblait à du "Je te trouve trop sympa / Je veux te voir tous les jours / Je te confie tout / Donne moi ton amitié". En substance. Scénario effrayant. Et scénario inverse en cas de déception. Et là, des psychologues diraient que cela est en grande partie dû au fait qu'ayant été privé d'affection amoureuse pendant une grande partie de ma vie, je me suis concentré sur mes relations amicales, exprimant ainsi le manque, bla bla bla bla... Foncièrement, faut pas avoir fait 8 ans d'études en psychologie pour comprendre ça. Les québécois m'auraient donc appris à me détacher un peu plus? La notion d'amitié n'est pas proportionnelle au nombre de fois qu'on se voit. Et ne se dégrade pas au moindre conflit. Se détacher de ses amis pour mieux les apprécier? Moi qui critiquais les québécois jadis d'être autant independent, égoiste à vivre l'instant présent, n'auraient-ils pas finalement raison ? Je n'ai pas la réponse. Je sais en tout cas que je me réjouis de retrouver mes amis si je dois rentrer en France et que ce retour serait en fait plus comme un nouveau départ. Les mêmes protagonistes mais pas de la même façon.

Tout ça vaut aussi pour les relations amoureuses. A passer des années seul, on se met en tête de se trouver quelqu'un absolument. Ca en devient une obsession. Dès qu'on en rencontre une avec qui ca pourrait fonctionner, on s'imagine des tonnes de choses. Et on est le plus souvent déçu. Les habitudes se perdent bien évidemment quand on est en couple et reviennent subitement au premier jour de célibat, tel un herpès qu'on a pas vu venir. J'ai consacré 7 mois de mon visa à ça : quelle perte de temps et d'énergie surtout! Je n'ai recolté que des dents cassées, quelques pleurs, pas mal de remise en question et pour quoi? Des mecs que je ne reverrai probablement pas. Et il y a de ça 3 semaines à peu près, une goutte a fait déborder le vase. La sentence a été sans appel : je fais un trait sur ma vie sentimentale pour un moment. Plus de site de rencontre. Je me coupe de tout ce qui pourrait me faire rencontrer des mecs potentiels. La meilleure décision que j'ai prise de ma vie (après être venu au Canada). Parce que ce trait n'est finalement pas une rayure mais plutôt un changement d'optique. Tout comme pour les amis, il faut apprendre à se détacher des gens qu'on rencontre. Ne pas être focalisé. Je n'ai jamais passé de meilleures soirées depuis que je ne suis pas en train de zieuter à tous les coins de salle s'il n'y a pas quelqu'un de mignon, d'interessant.

"Tiens, le mec là il me regarde. Ca veut dire que je lui plais? Qu'est ce que je fais? Je vais faire semblant de me rapprocher pour danser à côté de lui et on va voir ce qui se passe... Ha zut il ne me regarde plus. Il me trouve moche. J'ai été bête de quoi que... ".

Rien que de repenser à ça, j'ai envie de me mettre une claque! Profiter de l'instant et laisser les choses venir. Les québécois savent le faire. Ne pas faire de plan sur la comète quand un mec danse avec vous et vous embrasse. Savourer l'instant, le fait qu'on plait. C'est tout. Et puis si vous êtes amené à revoir le mec en question, voir ce qui se passe sans se mettre martel en tête de conclure sur le champs. Peut-être que tout ce que j'écris dis vous parle. Ou non. Ce que je veux simplement vous dire c'est que ce voyage a probablement été la meilleure chose qui me soit arrivée. Il n'est pas encore terminé que j'en ressors déjà grandi. J'ai atteint mon but. "Pourquoi tu as décidé de venir au Canada?" - "J'avais besoin de changer de vie, de voir du monde et de grandir". Voilà ce que je répondais à cette question récurrente. Mission accomplie donc.

Finalement, refaire un bilan n'est pas forcément une mauvaise chose. Mon constat actuel n'est pas si mal. En revanche, l'ironie dans tout ça, c'est que j'ai signé un bail pour un appartement rue Beaudry, là où j'étais au tout début de mon aventure. Retour case départ. Une espèce de boucle bouclée. La vie et son drôle d'humour...

7.2.12

Jours 220 - 221.

Depuis 7 mois je ne vous parle que de Montréal. Montréal, Montréal, Montréal et un peu de New York. Alors pour un week-end, j'ai décidé de changer un peu d'air, direction la capitale du Québec : Québec. Pour plus de compréhension, on dira Québec City parce que "je vais aller à Québec au Québec", ca devient redondant, hein maman.

Vendredi, 1:00, veille du départ, la voiture de Jo nous lache. Elle a décidé que sa pompe à eau était trop encombrante alors elle l'a fait exploser. Pratique. Et après une très courte nuit, on arrive quand même à partir le samedi matin. Cinq dans une voiture, pendant 3 heures et moi qui dort pendant la moitié du trajet.

Arrivée à Québec City et première impression : c'est tout mignon. Il suffit de quelques pas en ville pour ressentir tout de suite les influences anglaises et françaises. Rue pavées, maisons anciennes. Les calèches en rajoutent aussi un peu. Le tout au bord du Saint-Laurent en partie gelé pour l'occasion.


La ville n'est pas très grande donc quelques heures suffisent pour en faire le tour tandis que la nuit tombe et rend la ville encore plus jolie.



Le week end ne s'arrête pas là et dimanche on décide de laisser la ville pour le plein air. Direction le village vacances Valcartier. Sorte de parc d'attractions ouvert toute l'année proposant des activités en fonction de la saison. Tandis qu'en été, c'est tuyaux et piscines à gogo, en hiver, le parc nous propose des descentes en bouées sur pistes enneigées. Autant vous dire qu'on devient vite fou. Regression totale. Toute la journée à descendre des pentes aux noms aussi équivoques que Himalaya ou Everest pour une bonne dose de sensations fortes. Le tout dans un décor plutôt impressionnant de nature.


Trois chutes, quelques bleus et un nombre indéfinissable de fois les genoux au sol, on rentre à Montréal, ravi de notre week-end, épuisés et en début de maladie. Et pendant ce temps-là, on se plaint en France de quelques flocons de neige. Non mais où va le monde?!


29.1.12

Jour 214.

Fin d'une semaine assez chargée.

Lundi/Mardi : 
J'ai refais mon CV à la québécoise. C'est fou ce que c'est compliqué de devoir raconter toute sa vie sur deux pages, le tout, sans photo. Appelez-moi "PVTiste n° 2609JB86FR". Et pour se "récompenser", on va danser la samba pendant une heure, avec Angy, Delphine et Cindy. "Genoux fléchis, le cul en arrière." Je me suis senti méga brésilienne...

Mercredi :
Je me lance dans l'envoi de ces fameux CVs. Je me poste à mon ordinateur, je regarde les annonces, et là, c'est la panique. Mon visage se décompose. La motivation s'envole en un millième de seconde et je sens le sol s'effondrer sous mes pieds. Comment postuler à des offres d'emploi quand on se sent déconnecté du monde qui nous entoure? Trois ans que je n'ai pas fait de graphisme dans un cadre professionnel, tandis que je souhaite me rediriger vers la rédaction. Je me mets dans la tête de mes parents lisant ces quelques lignes et je les entends déjà dire : "Lui, il nous aura tout fait!!". Je me rassure en me disant que c'est de famille...

Jeudi :
Bah, on essaye quand même. On essaye. C'est fou ce qu'une journée peut passer vite. C'est fou ce que la procrastination est facile. Malgré tout, on garde le sourire, direction une autre édition de l'Igloofest avec Angy et Jo. Et rencontre avec A. A., c'est un bout de 24 ans, rencontré jadis sur Twitter, de passage à Montréal pour le travail. Une rencontre. La première. Très interessante. Et on commence la visite avec le Royal Phoenix, bar lesbien dans le Mil End. On y retrouve Blan et deux de ses colocs. La soirée s'annonce tranquille et se terminera vers 6h, chez moi, après un "goûter" nocturne. (Dur de trouver de l'alcool après 23h alors on se rabat sur ce qu'on trouve...).

Vendredi :
On réussit ENFIN à envoyer des mails. 5 et je suis plutôt satisfait. J'use de mes "talents" de rédacteur pour écrire de jolis mails. Ou comment tenter de raconter des choses intéressantes sur soi, en brassant un léger vent sans trop forcer sur la pommade. Tout un art. Alors guilleret, on va dîner chez la copine Blan. La copine et ses colocs. Pour ensuite atterrir au Blizzarts. Bar Hip Hop, branché et bondé. Du plaisir. A. refait son entrée et les premiers signes de fatigue commencent à pointer le bout de leurs nez. A. ne tient plus le rythme et nous autres quittons l'ambiance feutrée Hip Hop pour l'atmosphère plus hardcore de la Casa Del Paupolo et son DJ métaleux. Angy et Jo y sont depuis une heure et en ont mal aux crânes. Dur de se mettre dans le bain mais on rigole, on mange des nachos et je tente de ne pas torp cogiter. Le début des emmerdes.

Samedi :
"On se couche, on est une merde. On se réveille, on est toujours une merde". J'aurais pu citer un grand poète mais j'ai préféré être moi-même auteur de cette phrase qui décrit parfaitement mon état d'esprit. Et dans ces cas là, niveau productivité, on carbure par du tout. Légume devant l'ordinateur, on attend que les heures passent. Ce soir, il faut se faire un peu beau. A. nous a invités, Blan, P. son coloc et moi à voir le spectacle de danse pour lequel il travaille. Bout de 24 ans est Tour Manager. Première fois que j'assiste à un spectacle de danse contemporaine. Impressionnant. Vraiment. Et après une petite heure dans la peau d'un VIP (A. et ses privilèges, vous savez...), on s'envole pour le Salon Officiel. Si le Blizzarts était bondé, le Salon Officiel l'était à craquer. Musique des 80's et beautiful people. Un petit paradis sur Terre tandis que les signes de fatigue s'invitent aussi à la partie. La fatigue et mon cerveau totalement détraqué. Je quitte la soirée prématurément. Pas forcément une bonne façon de dire aurevoir à A. qui s'en allait vers d'autres destinations pour sa tournée. Me que voulez-vous ? Une année de théâtre ne suffit définitivement pas pour être un bon acteur. Je m'en veux.

Dimanche :
"On se couche, on est une merde. On se réveille, on est toujours une merde. On se recouche, on est encore plus une merde. On se reréveille, on est plus rien". Et le pire dans tout ça, c'est qu'on arrive même pas à pleurer. On est comme vidé de son âme. Une promenade de trois heures permet de vider un peu l'esprit. Le shopping aurait aussi pu aider mais sans argent et sans envie, mission impossible. Et au détour d'une chanson sur l'ipod, on lâche 3 larmes. Enfin ! (Merci Rihanna et son Farewell). Un Mc Donald et un film plus tard, il est presque 23h et mon esprit s'est enfin calmé. L'effet thérapeutique de l'écriture.

Ce voyage aura décidément réussi à me retirer toute confiance et estime que j'avais en moi, la situation actuelle étant propice (les 3 "Pas" : Pas d'argent, Pas de travail, Pas d'amour). Mais finalement, c'est pas un peu ça qu'on cherche quand on décide de s'exiler à l'autre bout du monde, seul. Tout détruire pour mieux rebâtir ? Bon je vous avoue que pour le moment, je ne sais pas encore ce que je vais bâtir...

Fin d'une semaine assez chargée. 

Début de la prochaine. 

Jour 205.

Imaginez : Une foule en délire, habillée en doudoune, bonnets, gants et grosses bottes. Une foule prête à danser dehors, toute la nuit, sur de la musique electro de qualité. Voilà comment on pourrait résumer l'idée de l'Igloofest. Un festival de musique electro. Une espèce de boîte de nuit à ciel ouvert pendant 3 week ends. Histoire de se réchauffer pendant les froides nuit d'hiver. Constatez.


Souvenir de Californie.



27.1.12

Jours 193 - 202 : La Californie.

Welcome To San Fran.

Le port.

30 Millions D'amis. Part 1.

Fisherman's Wharf.

30 Millions D'amis. Part 2.

La plage de San Francisco.

Sunset & Golden Gate Bridge.

SF by night.

Alamo Square.

Haights.

30 Millions D'amis. Part 3.

Castro. Harvey, c'est pour toi.

Passage à l'université de Berkeley.

Lake Tahoe by night.

Lake Tahoe par Emerald Bay.

"Keep Tahoe Blue". 
Lake Tahoe sur la rive Est.

Welcome to Yosemite Bug Hostel. Et bonne nuit...

30 Millions D'amis. Part 4

Yosemite Park.

Au sommet des Vernal Falls. 2 heures de randonnée.


Au sommet des Yosemite Falls, plus grandes chutes d'Amérique du nord. 6 heures de randonnée.

30 Millions D'amis. Part 5.

Welcome to Santa Cruz.

La plage de Santa Cruz.

Sunset at Santa Cruz.

Welcome back to San Francisco & Japantown.

SF :  City Of Art.


Life is Imaginary.

I promise. One day, I'll come back. I Love You San Francisco.


14.1.12

Jour 197.

Aujourd'hui je me suis posé une question que peut-être beaucoup d'entre vous se sont déjà posée. Comment profiter de votre vie (accessoirement quand vous vivez à l'autre bout du monde ou que vous etes en voyage) quand vous savez que celle d'un de vos proches subit une épreuve?

Hier soir je me suis couché en apprenant une nouvelle plutôt mauvaise. Ce qui n'était qu'une simple boule au sein non-identifiée mais bénigne à enlever, s'est transformée pour ma mère en séances de rayons sur un mois et demi pour tout éradiquer. "Par chance, les rayons sont moins nocifs qu'une chimio. Tout va bien se passer et on gère la situation" m'a-t-elle dit. De quoi me rassurer. Ou pas. Cherchez pas : ça ne rassure jamais!

Je me suis donc posé cette question. Enfin jai pleuré et apres je me suis posé cette question. Comment? Dans mon cas, je suis partagé. Une partie de moi aimerait rentrer. Aimerait être là auprès d'elle. La soutenir. Parce qu'on sait tous que ce genre de situation n'est pas des plus réjouissantes. Mais je sais qu'elle voudrait que je reste où je suis et que je continue mon aventure. Car elle sait que mon autre partie a envie de rester. Au moment même où j'ai écris ces lignes, j'étais dans la voiture en route pour le parc de Yosemite. Quitter le Lake Tahoe qui a été l'une des plus belles choses que j'ai jamais vue et faire route au milieu de la Sierra Nevada. Tous les jours je suis conscient de la chance que j'ai de vivre ce voyage. Voyage qui n'a pas été de tout repos. Tous les jours je profite et je sais que ma mère n'aimerait pas qu'il en soit autrement.

Alors après réflexion, il est peut-être possible d'apporter un début de réponse. Comment profiter de votre vie quand vous savez que celle d'un de vos proches subit une épreuve? Tout simplement en montrant que vous êtes là. Qu'importe la distance ou l'épreuve, il faut tout simplement montrer son soutien, son amour. Et puis, un peu croire que tout va bien se passer. Parce que finalement, je l'aime ma mère, et je crois vraiment que tout se passera bien. Les rayons, c'est quand même moins nocif que la chimio. C'est ma maman qui me l'a dit!

7.1.12

Jour 190.

Un chapitre vient de se terminer. Un chapitre qui avait durer presque 4 mois. 4 mois aux odeurs de chocolat, emprunts de crème glacée et de pâtisseries. De rires. De "J'ai tellement pas envie d'y aller". De danses. De clients toujours plus exigeants et de bons souvenirs. Et surtout, de belles rencontres. D'amis.

C'était mon dernier service chez Juliette & Chocolat. 20 minutes pour obtenir un poste derrière le bar et 4 mois après, je laisse ma place au prochain. Il est temps pour moi d'avancer et de me consacrer à chercher un "vrai travail".

Il est temps pour moi d'écrire les premières lignes d'un nouveau chapitre.

Jour 189.

Organiser un voyage a toujours été une énorme galère. Pas tant dans l'organisation même. Mais plutôt parce qu'il vous arrive toujours des problèmes de dernière minute. Et quand je dis "dernière minute", j'entends 3 jours avant le départ par exemple. Histoire de bien stresser.

... Ou comment un flight-trip en Californie s'est transformé en puits financier et en simple voyage à San Francisco. Les ravages de l'amour. Car oui, l'amour peut créer bien des dégâts. Une rupture. Une situation inconfortable. Un déménagement à organiser et plus de possibilité d'accueillir un ami en voyage. Des annulations sans remboursements et des assurances souscrites inutiles. Des demandes de remboursement de taxes aéroportuaires sans réponse et l'obligation au final d'acheter encore un billet d'avion. Bah oui, il faut bien rentrer avec toutes ces annulations. Et de l'espoir de voir un jour son argent revenir... L'espoir fait vivre. C'est déjà un bon début.

Mais rien ne m'empêchera d'apprécier ce voyage. J - 2 maintenant.

N'empêche, l'amour, ça fait quand bien chier...